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La dématérialisation, quel(s) rôle(s), mission(s) et enjeux pour les professionnels de l’information?

Introduction

Posons-nous d’abord cette question : Qu’est-ce que la dématérialisation ?

Dans son article (Différence entre numérisation et dématérialisation) Marie-Anne Chabin, experte de l’archivage et de la gestion de l’information numérique1 nous propose de faire le distinguo entre la numérisation, qui est un processus essentiellement technique2 de conversion de documents d’un support non numérique (par exemple papier) en données numériques et la dématérialisation que Marie-Anne Chabin définit finalement ainsi : « Opération visant à ce que les documents gérés aujourd’hui sous forme papier le soit demain sous forme électronique, soit par le biais d’une opération de numérisation, soit par la révision des processus de production et de gestion de l’information. »

La dématérialisation n’est donc pas uniquement un processus de conversion d’un support matériel vers le « digital » il s’agirait davantage d’une approche globale qui consisterait à « penser, produire et échanger numérique » en repensant notamment les processus. Une approche qui repose sur la « donnée ». Un concept bien plus large donc que, par exemple, l’arrivée progressive du livre numérique ou de la numérisation des documents, un concept qui englobe la production le traitement et inévitablement la diffusion de l’information numérique.

La dématérialisation, socle de la digitalisation des organisations, semble impacter la profession et à plus forte raison depuis l’avènement d’Internet. Quelles sont ses conséquences sur les métiers historiques de l’information-documentation que sont le bibliothécaire, l’archiviste et le documentaliste (cloisonnement qui semble être essentiellement français mais qui, bousculé par la dématérialisation, semble s’effacer quelque peu au profit de la gestion des compétences qui prennent le pas sur les métiers) ? Est-ce un bourreau pour le secteur de l’information documentation ou permet-elle à la profession de se renouveler de se moderniser d’aller vers de nouveaux horizons de nouvelles compétences de nouveaux métiers ?

Roberto Casati dans son ouvrage Contre le colonialisme numérique (Casati, 2013) porte un regard critique sur le numérique, il considère que la dématérialisation nuit à la lecture approfondie qu’il est imprudent de dématérialiser l’école. Virgile Stark, dans son ouvrage Crépuscule des bibliothèques (Stark, 2015), associe la dématérialisation à la mort lente des bibliothèques, causée par la mort du livre, un regard bien sombre sur l’avenir de la profession que ne partage guère Anne-Marie Bertrand, bibliothécaire et historienne, dans sa critique (Bertrand) pour le Bulletin des Bibliothèques de France.

Qu’en est-il réellement ? Quel est l’impact de la dématérialisation sur la profession. Quels rôles, missions, enjeux pour les professionnels des sciences de l’information. En partant de la prise en compte de la dématérialisation par la profession jusqu’à l’émergence de métiers nouveaux passant par certaines branches historiques de la profession analysons ce virage sociétal qui est bien plus large que le contexte professionnel de « l’info-doc »

1 https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie-Anne_Chabin
2 http://www.bnf.fr/documents/processus_technique.pdf

 

Prise en compte et réaction

Une chose est sûre, les conséquences conjointes de la crise financière, de la dématérialisation de l’information et de l’impression de facilité d’accès à l’information provoquent depuis quelques années un bouleversement profond des métiers. En parcourant la presse spécialisée le mot crise revient d’ailleurs régulièrement ; crise du secteur, avec la suppression des services documentaires, crise d’identité pour les métiers historiques qui peinent parfois à trouver leur repères dans une société de plus en plus numérique, de plus en plus dématérialisée. Lionel Torri, professionnel de l’information documentation dresse dans Documentaliste –Sciences de l’information (vol.48 n°2, p42) un portrait de véritable crise voire d’inquiétude. Il évoque une profession en décalage avec la réalité des organisations, une profession qui souffre d’une image dévalorisée et qui n’est pas perçue comme stratégique dans les organisations, un comble pour des métiers qui s’articulent (en tout cas pour certains d’entre eux) autour de l’information.. stratégique (intelligence économique, veille, Knowledge Management… )

En 2011 la revue Documentaliste-Sciences de l’Information consacrait déjà plus de 40 pages au dossier « Métiers et compétences mutations et perspectives en info-doc »3 et le dossier dont la première partie repose sur l’enquête Métiers-Salaires de l’ADBS mettait déjà en évidence le poids croissant du numérique dans la profession. « La révolution numérique » était déjà l’un des points clé de l’enquête qui mettait en évidence une période de doute. Cette enquête faisait apparaitre un besoin d’élargir le champ des compétences de « l’info-doc » et cet élargissement, même s’il allait aussi vers des compétences transverses, telles que la gestion de projets ou encore l’assistance à maitrise d’oeuvre, était essentiellement orienté vers le numérique vers la dématérialisation. Les compétences documentaires apparaissaient déjà en phase avec les projets de refonte des systèmes d’information et les perspectives de métiers autour de « l’information partagé » voire du travail collaboratif (intranet, extranet, groupware, workflow) semblaient trouver un intérêt évident auprès des professionnels de l’information-documentation même si les parcours diplômants permettant d’accéder à ces postes étaient essentiellement orientés vers le domaine de l’informatique.

Le secteur de l’information-documentation s’ouvre donc progressivement à l’information numérique, à la dématérialisation à la « data ». Dominique Cotte, considère même que les professionnels de l’information sont des acteurs incontournables de l’avènement de la donnée, qu’ils maitrisent les pratiques indispensables à leur bonne gestion et qu’ils se doivent de se repositionner efficacement dans le nouveau paysage professionnel issu de la dématérialisation (COTTE).

3 https://www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2011-2-page-22.htm

Bibliothécaire : repenser son métier, élargir ses compétences, découvrir de nouveaux horizons au-delà des murs de la bibliothèque

Interrogée sur la dématérialisation dans les bibliothèques, Anne-Marie Bertrand disait en 2009 que l’ENSSIB allait, dans le cadre de ses formations, bien au-delà d’un saupoudrage numérique. L’objectif était, déjà en 2009, de former les futurs professionnels à l’éditorialisation numérique ou au record management. La prise de conscience d’une inévitable adaptation de la profession face à la dématérialisation était réelle. Cependant en parallèle de cette prise de conscience, la bibliothèque apparaissait à ses yeux comme un lieu physique incontournable, un lieu qui allait coexister avec l’offre dématérialisée. Eu regard de la dernière enquête « Chiffre clé du secteur du livre »4 cela semble se confirmer, le numérique ne semble pas remplacer le livresque, le document descendant de l’imprimerie de Gutenberg résiste : les bibliothèques résistent. Cependant la dématérialisation impose une remise en question au sein de la profession y compris dans les bibliothèques.
Le catalogage, activité centrale des bibliothèques, évolue avec la dématérialisation comme le mettent en évidence, par exemple, les travaux de Philippe Bourdenet5 . Si la métadonnée reste un élément central, comme le souligne Gildas Illien dans son article «Décrire les objets du savoir, les nouveaux paradigmes du catalogage » du dossier « Métiers de l’information et « data » » paru dans Documentaliste – Sciences de l’information6, la façon de cataloguer évolue. Le catalogage doit désormais s’adapter à l’évolution des pratiques d’accès à l’information. L’objectif pour un internaute est de moins en moins retrouver la référence d’un ouvrage, une édition.., son objectif est de trouver l’information de qualité en réponse à une requête exprimée en langage naturel. Une problématique qu’évoquait déjà Anne-Marie Bertand en 2009 et qui donnait un certain avantage aux algorithmes de Google par rapport aux catalogues des bibliothèques. Alors comment le bibliothécaire peut-il « tirer son épingle du jeu ». Tout d’abord en allant au-delà de ce qui est demandé, en proposant non une information mais une collection d’informations pertinentes, fiables, validées répondant à la recherche de l’utilisateur. Puis en valorisant aussi son catalogue, cet énorme gisement d’information. En l’orientant par exemple vers le web sémantique (modèle RDF) afin de faciliter le référencement web des catalogues, aujourd’hui invisibles des internautes à cause de leur structure. Un vaste chantier pour les bibliothécaires dans les années à venir qui devra s’accompagner de la prise en compte des nouvelles pratiques telles que le datamining (il ne s’agit plus de permettre d’accéder à l’information il faut également proposer aux utilisateurs des analyses croisées des informations, des classements, des interactions) ou encore le crowdsourcing qui est une opportunité réelle de médiation directe pour le bibliothécaire. Pour rester compétitif le catalogage se doit de quitter la sphère du professionnel, il doit s’ouvrir afin d’être pleinement valorisé : la matière première, métadonnée descriptive est là (de plus en plus concentrée au sein des agences bibliographiques), il faudra pour les bibliothécaires réussir à l’enrichir des autres métadonnées y compris la métadonnée sociale.

Dans un contexte d’externalisation de la production des données descriptives les activités de « récupération – versement » semblent constituer un autre axe pour l’évolution du métier : Le bibliothécaire ne catalogue plus l’intégralité des documents, on catalogue ce qui est spécifique par contre il faut être capable de récupérer les données et de les injecter dans le catalogue interne. Le travail du catalogueur devient donc de plus en plus collaboratif, de plus en plus orienté vers l’interaction avec d’autres établissement, d’autres institutions, un travail en réseau.
L’impact de la dématérialisation sur les bibliothèques est plus large bien sûr que le domaine du catalogage. L’arrivée des revues puis des livres numériques modifie évidemment le paysage de ces lieux et fait naitre de nouveaux besoins en compétences pour les bibliothécaires : paramétrer les résolveurs de liens, travailler différemment la négociation des collections numériques, gérer les DRM … d’une part et accentue les compétences déjà présentes comme la gestion des métadonnées car aux cotés des métadonnées bibliographique le document numérique (livre, revue, film…) devient porteur de tout un ensemble de métadonnées commerciales, juridiques, administratives…
Par ailleurs la médiation numérique fait, désormais, partie du paysage. La question n’est pas ici d’analyser la médiation numérique en profondeur cependant il parait difficile de déconnecter totalement la médiation numérique de la dématérialisation. Il me semble donc pertinent de l’aborder dans le cadre de cette réflexion sur la dématérialisation d’autant plus que comme l’écrit Mor DIEYE « Face au développement de la médiation numérique, il est quand même indispensable de repenser les profils des métiers de l’information -documentation en termes de compétences professionnelles »7 . D’une diffusion de savoirs nous passons à un contexte participatif. L’usager devient pleinement acteur du système tant les moyens de collaborer sont mis à sa disposition. Tags, commentaires, réseaux sociaux… Olivier Le Deuff définit la médiation numérique, en empruntant une citation, comme « une mashup. C’est un hybride de blogs, de wikis, de médias en streaming, d’agrégateurs de contenus, des messageries instantanées et des réseaux sociaux »8 . Autant d’outils et de services nouveaux. En capitalisant sur ses compétences « historiques », son rôle de médiateur, le bibliothécaire se « modernise » diversifie et devient médiateur numérique. La valorisation des ouvrages passe désormais par des dispositifs nouveaux et spécifiques à chaque espace de valorisation que constituent la bibliothèque physique (où les ordinateurs et autres liseuses côtoient aujourd’hui les collections classiques) et l’espace numérique. Ce contexte impose aux bibliothécaires de repenser la médiation numérique qui ne peux plus

être vue comme une spécificité ou un gadget mais qui doit être un projet global qui concerne l’ensemble des salariés et pas seulement certains profils spécifiques. Il s’agit donc d’une médiation complémentaire que doivent assurer les bibliothécaires et qui pour Silvère Mercier « se situe au coeur des métiers de l’information-documentation, quelque part entre l’accompagnement à la recherche documentaire, la gestion/diffusion de contenus et l’animation de communautés »
En synthèse, il ne me semble pas absurde de considérer que l’apport du numérique n’aura pas pour conséquence de remplacer les métiers historiques par de nouveau métiers mais plutôt, comme nous l’avons déjà observé, de compléter l’éventail de compétences des professionnels de l’info-doc par de nouvelles compétences issues de la dématérialisation. Cependant les nouvelles missions, ou celle qui prennent plus de place qu’hier, ne sont pas exclusivement des compétences « dans le numérique », parfois elles en sont la conséquence. Ainsi l’organisation d’animations culturelles, de débats, d’échanges au sein des bibliothèques prends de plus en plus de place. Trop de dématérialisé provoque aussi un besoin du physique ! Pour faire face au virage numérique qu’aborde la profession, les bibliothécaires imaginent de nouveaux services numériques ou pas qu’ils valorisent de manière dématérialisée ou non en faisant évoluer les salariés présents vers ces nouvelles compétences ou en confiant la valorisation et la médiation à un « community manager », telle est la réalité des bibliothèques hybrides des bibliothécaires et plus largement des métiers historiques : une profession en pleine mutation.

4 http://www.culture.gouv.fr/Thematiques/Livre-et-Lecture/Actualites/Chiffres-cles-du-secteur-du-livre-l-edition-2016-donnees-2014-2015-est-parue
5 https://www.theses.fr/2013CNAM0879
6 https://www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2013-3-page-26.htm

7 http://www.mdieye.com/wp-content/uploads/2018/02/Communication-Colloque-international-sur-50-ans-EBAD_Mor-Dieye.pdf
8 https://www.cairn.info/revue-les-cahiers-du-numerique-2010-1-page-97.htm

 

Les professionnels de l’IST : entre un sentiment d’illégitimité et des compétences réelles pour valoriser l’information scientifique dématérialisée

 

Initialement à l’écart de la gestion des données de recherche car s’estimant illégitimes les professionnels de l’information démontrent désormais leur utilité dans ce domaine par le prisme, par exemple, de l’Open Accès. A la fois cadre politique, juridique et technique ce dernier permet aux documentalistes d’intégrer de manière tout à fait légitime la problématique de demain que ce dernier soulève à savoir le partage des données. Tout comme l’Open Access, l’évolution de l’édition scientifique vers le numérique constitue également une base d’élargissement de compétences vers des domaines plus techniques tels que l’interopérabilité ou encore la construction d’entrepôts de données ; des domaines où la double compétence informatique/documentation est très appréciable. Le web, la dématérialisation des données de recherche, le web de données (linked data) ou semantic publishing9 modifient les usages de la sphère universitaire. Les pratiques changent avec, par exemple, l’utilisation d’archives ouvertes, les volumes de données croissent très rapidement et de manière continue, leurs échanges s’accélèrent, les outils de recherche et de publication d’informations se simplifient : dans ce contexte les chercheurs auraient tendance à se passer des professionnels, ils auraient tort car ce que le professionnel de l’IST peut apporter dans ce contexte est primordial ; être garant de la fiabilité des données.

Mouvement, philosophie, l’open data semble constituer une démarche d’avenir. Dans la « jungle » des données ouvertes, disponibles, publiques le rôle du professionnel de l’info-doc peut être crucial, si ce dernier une fois de plus se donne la peine de sortir de sa zone de confort, il pourra être acteur de cette démarche, celui qui en assure le cadre, qui veille à sa fiabilité, la validité de l’information dématérialisée ouverte. En d’autres termes sa valeur ajoutée n’est pas dans la curation des données de recherche encore moins l’extraction ou la manipulation de la donnée dématérialisée en elle-même, les chercheurs ou les informaticiens le font très bien, sa valeur ajoutée se trouve dans sa capacité à imaginer et maintenir une structure référentielle, (thésaurus, métadonnées).

L’enjeu pour les professionnels de « l’IST » est de taille. Devenir incontournable, dans la mise en place de l’interdépendance des données et leur exploitation fiable et pérenne sur le long terme. Connaitre les référentiels, être capable d’ajuster les référentiels aux besoins spécifiques, être capable de faire évoluer les référentiels standards. Telles pourront être les missions futures de ces professionnels. Opend Data, Open Access, interopérabilité, linked data, interdépendance de donnée…De toute évidence la dématérialisation a pour conséquence de rendre les métiers des professionnels de l’information de plus en plus techniques 10 voire de faire naitre de très nombreux nouveaux métiers.

9 https://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=I2D_162_0049
10 https://www.cairn.info/revue-documentaliste-sciences-de-l-information-2013-3-page-42.htm

Conclusion

Les postes historiques sont bouleversés mais s’adaptent et résistent en se réinventant en allant vers de nouvelles compétences, c’est évident, mais la fonction information-documentation, dans son ensemble, doit se retrouver progressivement au coeur des sociétés dématérialisées, elle doit prouver sa valeur ajoutée et ses compétences en gestion de l’information en allant vers de nouveaux métiers elle en a les ressources nécessaire c’est d’ailleurs la tendance actuelle avec l’apparition régulière de nouveaux métiers liés aux sciences de l’information. Des métiers qui fonctionnent comme le souligne l’article de C. Jost et B. Texier, Gestion de l’information : 10 métiers dans le vent, pour Archimag11 : (Cyberdocumentaliste, Manager e-réputation, Knowledge manager, Records manager, Document controller, Archiviste cloud, Chef de projet open data, Architecte de l’information, Social media manager, Visualisateur de l’information). Des métiers dont le dénominateur commun est information et processus dématérialisés. Technologies web, réseaux sociaux travail collaboratif, management des connaissances, veille… autant d’axes permettant au professionnel de l’information documentation de mettre en valeur ses compétences au sein d’organisations.

Le professionnel de l’Information-documentation, expert de la gestion du document et de l’information sous leurs aspects les plus variés a un rôle central et majeur à jouer dans les organisation marquées par la dématérialisation à condition qu’il accepte de sortir de sa zone de confort, à condition qu’il accepte de se repositionner au sein de l’organisation en se dirigeant vers des métier qui demain deviendront incontournables au vue de la place absolument centrale de l’information dans les organisations, de la surabondance de celle-ci et des différentes tâches liées à ce double phénomène.

La dématérialisation chamboule la profession et le web est l’un de ses fers de lance. Mais il serait inapproprié de considérer que la digitalisation, aboutissement de la dématérialisation dans sa définition la plus large, n’est qu’un « mal » pour les professionnels de l’information-documentation que les professionnels de l’information doivent subir la dématérialisation. Comme l’explique Jean MICHEL dans son article «Les enjeux des NTIC et du document numérique en réseau pour les métiers de l’information et documentation »12, Internet, la dématérialisation provoquent une « destruction avant la reconstruction » La dématérialisation, la « data », le web constituent ainsi un formidable vivier d’opportunités pour la profession. Le professionnel de l’info-doc se doit d’investir davantage le domaine de la structure de l’information, il se doit d’être le garant de sa validation, il se doit d’être celui qui incarne l’intelligence économique, celui qui anime les communautés autour d’une thématique sa culture de la médiation le rend pleinement légitime dans ce domaine. Le professionnel de l’information n’est pas un technicien même si des compétences « techniques » liées à la dématérialisation envahissent les fiches de poste du domaine. A ce titre il serait indélicat de terminer cet article sans évoquer directement le « 3ème pilier historique » de la profession qui est certainement celui que l’on a immédiatement à l’esprit lorsqu’on pense « dématérialisation » : l’archiviste. L’archiviste numérise, crée le document numérique, l’enrichie de nombreuses métadonnées, l’index, le valorise, assure la médiation numérique autour de celui-ci, autant de compétences parfois « techniques » qui ne font pas de l’archiviste un technicien pour autant et il ne faut pas qu’il le devienne il faut juste qu’il sorte de sa zone de confort pour prouver sa valeur ajoutée, qui est réelle, dans le monde dématérialisé. Il ne faut pas que les professionnels de l’info-doc deviennent des « techniciens » car les organisations sont déjà particulièrement bien fournies en technicien, ceux dont nous aurons besoin très prochainement ce sont des profils capables de prendre en charge la gestion de l’information, des processus des usages issus de la dématérialisation. De nouveaux métiers : Data scientist, Architecte de l’information, Data manager, Knowledge Manager… apparaissent et créent autant d’opportunités intellectuelles et professionnelles pour les professionnels de l’information. Il leur appartient de saisir ces opportunités pour mettre en lumière la profession et valoriser leurs postes.

11 http://www.archimag.com/emplois/2014/04/25/emploi-gestion-information-documentation-10-metiers-vent
12 http://michel.jean.free.fr/publi/JM327.html

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